Pourquoi Grey’s Anatomy n’est pas une série médicale

© Maelick


Grey’s Anatomy est l’une des séries les plus connues et les plus regardées, depuis pas loin de 15 ans qu’elle occupe nos écrans. Le synopsis de départ est le suivant :

Meredith Grey, fille d’un chirurgien très réputé, commence son internat de première année en médecine chirurgicale dans un hôpital de Seattle. La jeune femme s’efforce de maintenir de bonnes relations avec ses camarades internes, mais dans ce métier difficile la compétition fait rage…

Si la série a commencé comme une incursion dans le monde hospitalier, à l’image de Urgences ou de Dr. House, elle a su évoluer au fil du temps et proposer quelque chose d’un peu plus complexe. Il me semble que toutes les personnes qui travaillent réellement dans ce milieu et qui ont un jour pris le temps de regarder un ou deux épisodes de cette série se sont mis d’accord pour dire que c’était vraisemblablement plein de conneries au sens professionnel du sujet. Si on ajoute à cela l’alternance dramatique des morts, des accidents, des trahisons, des explosions et des catastrophes naturelles, il  en ressort que Grey’s Anatomy est loin d’être réaliste quant à la vie en milieu hospitalier. On est tous d’accord sur ce point, je pense.

Mais ce n’est clairement pas pour ça que l’on regarde Grey’s Anatomy. Qui prétend regarder cette série pour les opérations chirurgicales ? Si les gens (moi compris), regardent Grey’s Anatomy, c’est pour les relations humaines, les émotions, les situations de vie, les drames, les bonheurs. On a vu les personnages évoluer au fil des saisons, certains fondent une famille, d’autres meurent, s’en vont vers un avenir plus (ou moins) brillant loin de Seattle. C’est sûr que les personnages de cette série sont sûrement les 20 personnes les moins chanceuses de la terre entière tellement ils enchaînent les merdes, mais pour moi tout cela est juste un prétexte pour parler de certains sujets. La mort, évidemment, la maladie, mais aussi les relations amoureuses et amicales, les difficultés à travailler avec des gens qui sont devenus nos amis.

Et dans la dernière saison, Shonda Rhimes, la réalisatrice de Grey’s Anatomy, s’est attaquée à des sujets de société bien plus actuels, comme la violence policière envers les noirs, et donc par extension le racisme, mais aussi la violence conjugale, la transidentité, le féminisme, l’homosexualité (et ce depuis un bon paquet d’années, pour le coup). Elle propose des personnages de femmes fortes et indépendantes, qui réussissent professionnellement ET personnellement, des femmes qui ne veulent pas avoir d’enfants, des femmes au passé complexe… Elle propose des personnages homosexuels, bisexuels, transgenres, des personnages qui choisissent de ne pas coucher avant le mariage, d’autres qui enchaînent les histoires sans lendemain. Elle propose des personnages noirs, arabes, indiens, blancs. Il y a de la diversité dans les personnages de Grey’s Anatomy. Et ça fait plaisir de voir autant de diversité dans une seule série, avec des personnages qui ne sont pas stéréotypés, qui sont travaillés et généralement bien interprétés par les acteurs.

C’est cela pour moi, qui fait la force de cette série. Ce n’est pas la toile de fond hospitalière, même si les enjeux autour des opérations à risques, des innovations médicales et des décisions difficiles font évidemment partie de l’intérêt de cette série, qui importe vraiment. Ce qui importe, c’est la vie. La vie de ses personnages, dans lesquels on peut toujours un peu se reconnaître. C’est pour cela qu’on se retrouve à pleurer à chaque épisode ou presque (oui je parle clairement de moi en disant “on”, ne me jugez pas, merci). Parce qu’on se reconnaît dans ces histoires, on s’identifie à ces personnages. Voilà pourquoi, à mes yeux, Grey’s Anatomy n’est pas une série médicale, et pourquoi elle est toujours autant regardée après 14 saisons, et pourquoi elle me plaît toujours autant après toutes ces années.

Vous regardez Grey’s Anatomy ? Quel est votre avis sur la question ?

5 Replies to “Pourquoi Grey’s Anatomy n’est pas une série médicale”

  1. J’ai très peu regardé cette série, ça fait tellement longtemps que je ne me souviens plus la dernière fois où j’ai regardé. Ton article est de très grande qualité, ça ce lit bien et surtout ça me donne envie de regarder cette série depuis le tout début ! Et quand tu arrives à donner envie aux gens de regarder une série/un film, en lisant simplement un article, tu as tout gagné. Félicitations 🙂

    1. Merci beaucoup pour ce commentaire et tous ces compliments, Thomas ! Ca me fait vraiment plaisir, et je suis contente d’avoir pu te donner envie de regarder cette série, en plus de ça 🙂

  2. Oh wow je reste bouche bée. Je ne voyais pas la série comme une série médicale du tout, plutôt comme une série humaine j’ai envie de dire (et qui me fait pleurer toutes les larmes de mon corps – arrêtez de tuer tout le monde et surtout mes personnages préférés, et surtout pas dans le même épisode bon sang!). En lisant ton article, je me suis rendue compte de tous les sujets dont traitent la série, ma constante réaction était “oh mais c’est vrai, oh mais oui” et au final je pense que c’est ce qui fait le succès de la série, elle parle clairement à tout le monde peu importe la culture, race, orientation sexuelle, l’âge, opinion politique, religion, croyance… c’est vraiment une belle série et ton article me donne limite envie de la reprendre mais je dois avouer que pour ma santé mentale je vais m’abstenir haha

    1. J’ai eu cette révélation en regardant l’un des derniers épisodes sortis, c’est tellement des sujets importants, qui nous touchent tous de près ou de loin et qui parlent à tous. Oui on va éviter de se refaire les 14 saisons en entier haha, même si c’est tentant !

  3. Le milieu hospitalier est effectivement qu’un support pour aborder d’autres sujets de fond. Notamment l’anatomie des nanas Greys (facile, la blague mais vraie. Depuis quand on couche avec ses collègues sur son lieux de travail ?!). Bref, j’ai adoré la série mais j’ai lâché au bout de la…6ème peut être. On tire un peu trop sur la corde, toujours la même rythmique (des drames). C’est mon défaut, je me lasse vite….
    https://la-parenthese-psy.com/

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