Bathing in self love

(Les Culottées n’est pas sur la photo car je l’ai prêté pour prêcher la bonne parole autour de moi 🤷)

On a tous des moments plus ou moins difficiles à passer dans la vie, des événements ou des choses qui nous font perdre un peu confiance en la vie, en nous-même, qui nous font douter de notre valeur et nous font perdre un peu d’estime de soi. C’est loin d’être agréable, convenons-en. Je sors d’une période de ce genre et je reprends tranquillement goût à tout ce que j’aime faire, mais ça n’a pas été de tout repos de ce sortir de cet état d’esprit. Et pour m’en sortir, de cet état d’esprit dépréciatif et auto-dénigrant, j’ai fait ce que je sais faire de mieux (en dehors des blagues auto-dénigrantes, du coup) : j’ai lu des livres, plein de livres. Certains d’entre eux m’ont pas mal aidé, chacun à leur façon. Donc voici une petite sélection non exhaustive des livres bons pour le moral et l’estime de soi.

The subtle art of not giving a fuck, Mark Manson

J’ai en général un peu de mal avec les lectures de développement personnel qui t’enjoignent à être heureux, à relativiser tes problèmes et à te dire qu’il y a pire donc oublie le chouinage et concentre-toi sur le positif, fais du sport, mange équilibré et tout ira mieux. Ça vomit un genre d’hypocrisie qui ne me plaît pas et ne me parle pas du tout. Eh bien The Subtle Art of not giving a fuck, de Mark Manson, est carrément à l’opposé de tout ça. Il part du principe que oui, on a tous des problèmes, les ignorer ne servira à rien, il faut au contraire les reconnaître et les accepter pour pouvoir bien plus aisément les régler; qu’être heureux, ce n’est pas une fin en soi, mais un cheminement. Et que ce chemin n’est pas toujours facile. Il dit aussi que dans la vie, on ne peut pas être concerné par tout, tout le temps, sinon on ne s’en sort pas. Qu’on a un nombre limité de fucks to give et qu’il faut choisir consciencieusement à quoi on veut les consacrer. Bref, il dit plein de choses très intéressantes sur le bonheur, les problèmes, les relations amoureuses, la mort, notre perception de nous même et des autres, et comment se dépêtrer de tout ça du mieux qu’on peut. En plus de ça il dit plein de gros mots et donc forcément, ça me plaît. Je l’ai lu en anglais, mais il existe en français sous le titre L’art subtil de s’en foutre.

Morceau choisi :

If it feels like it’s you versus the world, chances are it’s really just you versus yourself.

Les Culottés 2, Pénélope Bagieu

Un classique (je crois qu’on peut le décrire comme tel en toute honnêteté), mais c’est toujours important de rappeler l’existence de cette BD exceptionnelle de Pénélope Bagieu. Je me suis enfin décidée à acheter le tome 2 presque deux ans après avoir lu le premier, et encore une fois ça valait clairement le coup ! On retrouve donc des portraits de femmes qui n’en font qu’à leur tête, aussi variées que des volcanologues, des reines des bandits, des actrices, des avocates, des journalistes et j’en passe. Parfait pour se rappeler qu’on peut être badass à n’importe quel âge, dans n’importe quel pays et peu importe ce qu’on fait de sa vie. Et pour se rappeler que nous aussi on peut être des femmes fortes et exceptionnelles à notre niveau.

Morceau choisi (extrait du portrait de Naziq al-Abid, activiste syrienne du début du 20e siècle) :

The sun and her flowers, Rupi Kaur

Son premier recueil, Milk and Honey m’avait déjà beaucoup plu, mais je crois que celui l’a m’a encore plus parlé. Je l’ai lu au bon moment, et certains poèmes ont vraiment résonné en moi, ont vraiment fait écho à ce que je ressentais au moment où je les ai lu. C’est doux, c’est triste, mais c’est positif et ça redonne espoir, ça nous apprend à nous aimer tel qu’on est. Comme pour son premier recueil, il y a un cheminement qui se fait dans l’ordre de lecture. Les poèmes sont divisés en 5 parties : wilting, falling, rooting, rising, blooming (faner, tomber, prendre racine, pousser, fleurir). Cette division nous montre que oui, peut-être qu’en ce moment on est plutôt dans la partie wilting ou falling, mais que petit à petit, ça ira mieux, et qu’on fleurira de nouveau. C’est plein d’espoir et en lisant cela on se dit que tout finira par s’arranger.

Morceau choisi :

it isn’t what we left behind
that breaks me
it’s what we could’ve built
had we stayed

Everything I know about love, Dolly Alderton

Clairement ma lecture préférée de ces derniers mois. Dolly Alderton est une journaliste et autrice anglaise qui a eu une jeunesse pour le moins occupée, entre les soirées, les mecs, les potes et les galères. Elle raconte tout cela, et nous parle donc de tout ce qu’elle sait à propos de l’amour, tout ce qu’elle a cru savoir, et tout ce qu’elle a appris au gré de ses expériences, que ça soit de l’amour passion, de l’amour amitié ou de l’amour famille. C’est déjà assez rafraîchissant de lire un livre qui parle d’amour, écrit par une personne qui a grandi sensiblement à la même époque que moi (elle a 29 ans), et qui a donc des références et des habitudes dans lesquelles je me reconnais. Mais surtout, c’est une énorme claque de positivité, pour apprendre à s’aimer et assimiler qu’on est suffisants tels qu’on est. Que l’amour c’est pas juste être en couple, c’est aussi aimer ses amis, sa famille, et surtout s’aimer soi-même. J’ai ri et j’ai pleuré en lisant ce livre, il m’a vraiment fait du bien, d’une façon que je n’aurais jamais pu prévoir. Vraiment, foncez, lisez ce livre.

Morceau choisi :

Because I am enough. My heart is enough. The stories and the sentences twisting around my mind are enough. I am fizzing and frothing and buzzing and exploding. I’m bubbling over and burning up. My early-morning walks and my late-night baths are enough. My loud laugh at the pub is enough. My piercing whistle, my singing in the shower, my double-jointed toes are enough. I am a just-pulled pint with a good, frothy head on it. I am my own universe; a galaxy; a solar system. I am the warm-up act, the main event and the backing singers.
And if this is it, if this is all there is – just me and the trees and the sky and the seas – I know now that that’s enough. I am enough.

Voilà pour cette petite sélection, et surtout n’oubliez pas, comme le dit une très bonne amie à moi :

Tu es faillible, imparfait.e, mais digne d’intérêt.

Parce qu’on n’est pas déterminés par ce qui nous arrive dans la vie, et qu’on reste des êtres humains avec des faiblesses, des défauts, mais ça ne fait pas de nous des personnes moins importantes, moins aimables. Et parce que, même si c’est pas toujours facile, l’amour, c’est bien de le donner aux autres, mais c’est encore mieux de se le donner à soi-même.

In my left hand there is the familiar, in my right hand there’s the great unknown

Depuis que j’ai le droit d’aller sur internet sans surveillance parentale, j’ai toujours eu envie d’avoir un blog. J’ai commencé sur skyblog, comme toute 90’s kid qui se respecte et puis, j’ai enchaîné les plateformes diverses et variées, de blogspot à overblog en passant par tumblr et toutes celles dont j’ai oublié le nom. J’ai même décidé d’apprendre à coder toute seule, un été, pour pouvoir me faire mon site internet rien qu’à moi. J’ai abandonné quand j’ai compris qu’il fallait héberger tout ce code et que ça coûtait de l’argent. Mais tout ça était resté pas mal secret finalement. Du moins auprès de mes proches, des gens de la “vraie vie”.

 

Et puis il y a maintenant presque un an et demi, je suis partie vivre à Montréal. Quelle meilleure occasion que celle-ci pour me lancer “officiellement” dans l’aventure du blog ? J’avoue avoir eu des ambitions pour Poutine, pancakes & caribous que je ne me suis pas donné les moyens d’atteindre. J’y ai partagé quelques aperçus de ma vie à Montréal, et des quelques voyages que j’ai eu l’occasion de faire pendant cette année canadienne (vous pouvez d’ailleurs retrouver ces articles “voyages” ici).

 

Et je suis rentrée en France. J’avais encore envie de partager des bouts de ma vie sur un coin d’internet, mais ce blogspot au nom canado-canadien ne me faisait plus rêver. Alors je me suis prise en main. J’ai réfléchi, brainstormé avec moi-même et avec d’autres, et de tout ça est sorti Petit Papier. Je vous y parlerai, dans la continuité du blog précédent, de voyages et de sorties, mais j’y ajouterai quelques articles plus culturels sur les livres que j’ai pu lire et les films et séries que j’ai pu voir, des avis plus ou moins intéressants sur des sujets plus ou moins sensibles, peut-être même un peu de DIY avec mes passions naissantes pour le tricot et le crochet (et la couture si je m’y remets un jour), bref, de la culture, de la confiture et de l’aventure, et tous ces trucs dont on parle dans les blogs stylés de l’internet mondial.

 

En espérant que ça vous plaira (sinon tant pis).

Not everything had gone to plan but we made the best of what we had, you know?

En tant que personne pas mal stressée par la vie de façon générale, l’expatriation est à la fois une expérience d’une difficulté inouïe et un mal nécessaire qui m’a permis de passer outre un certain nombre de peurs. Décider de partir, c’est stressant, le départ est stressant, la vie loin de tes proches c’est stressant, et décider de rentrer c’est stressant. Et pour la plupart de ces étapes, le stress est décuplé par la pression que tu te mets pour ne pas décevoir tes proches.
J’ai peur de décevoir les gens, tout le temps. C’est genre le pire truc qui pourrait m’arriver ou presque, qu’un parent ou un ami me dise que je l’ai déçu. J’attache environ zéro importance à ce que pensent les autres de moi, de façon générale, mais quand il s’agit de mes proches, c’est totalement différent. Et s’expatrier, c’est une des plus grosses sources probables de déception à mes yeux. Prendre la décision de partir, on n’est pas si nombreux à la prendre, en proportion. Alors c’est toujours vu comme un acte un peu héroïque (combien de fois j’ai entendu “ohlala, tu as du courage, moi je pourrais pas”!) et tout le monde s’attend à ce que tu fasses de grandes choses, que tu vives des aventures incroyables. Mais c’est pas toujours le cas. Finalement, moi j’ai juste vécu une vie à peu près semblable à celle que j’aurais eu si j’étais restée en France, sauf que j’étais sur un autre continent et qu’au lieu d’aller en week-end à Bordeaux j’avais la chance d’aller en week-end à Toronto. Mais dans la vie de tous les jours, tu vas au travail, tu rentres fatiguée, le weekend tu sors. Comme en France en fait. Mais avec le fait que t’as pas tant de vie sociale que ça parce que tu connais pas grand monde en ville, et que tes proches te manquent comme pas possible. Je me suis toujours moquée des candidats de Koh Lanta qui chialent après une semaine ou deux loin de leurs proches mais putain maintenant je les comprends. J’en menais pas large au bout de trois jours et moi j’avais le ventre plein et un vrai lit où dormir. Je le sais et je l’ai toujours su, que mes proches occupaient une grande place dans ma vie, mais rien n’aurait pu me préparer à la difficulté de cette expérience, émotionnellement parlant. Le pire étant évidemment pendant les fêtes de fin d’année, même si j’ai eu la chance de les passer en compagnie de personnes exceptionnelles. Bref, vivre loin de tout le monde, c’est dur. Et prendre la décision de rentrer, c’est encore plus dur. À toutes les réflexions et débats intérieurs désagréables qui te poussent à prendre une décision que tu as peur de regretter, s’ajoute la peur de décevoir les gens. J’ai fait la maline à dire à tout le monde que je partais pour deux ans, et me voilà à devoir annoncer à tous qu’en fait je rentre après un an seulement. J’ai l’impression d’avoir laissé tomber et déçu tous ceux qui m’ont dit de profiter à fond de cette expatriation. J’ai l’impression de ne pas être crédible quand je donne les raisons qui m’ont poussé à prendre cette décision. Quand on me demande avec virulence pourquoi j’ai décidé de rentrer ou si je suis sûre d’avoir pris la bonne décision, j’ai l’impression qu’on me reproche un peu de ne pas avoir assez profité, que je gâche la chance qui m’a été offerte, et que quelqu’un d’autre à ma place aurait davantage et mieux profité de cette expérience que moi. Alors que déjà c’était pas une décision facile à prendre, avoir tout le monde qui me demande si je suis sûre, ça ne m’aide pas vraiment à dormir sur mes deux oreilles.
Mais la vérité c’est que j’ai l’impression d’être arrivée au bout de cette expérience, d’avoir tiré tout ce que j’avais à en tirer. Alors oui, je pourrais explorer davantage le Canada, le Québec, ou même juste Montréal. Non je n’ai pas tout vu. Non, je n’ai même pas fait tout ce que je voulais faire tant que j’étais ici. Mais il me manque deux choses tout aussi importantes quoique fondamentalement différentes pour continuer cette aventure : l’argent et la motivation. Passons sur la première (le discours anticapitaliste enflammé ça sera pour une autre fois), et concentrons nous sur la seconde. Je pense que j’avais vraiment besoin de cette expérience nouvelle à la fin de mes études pour clore un chapitre de ma vie tout en n’entamant pas trop vite le suivant, celui de la vie d’adulte avec un travail, un appartement et une routine. Cette expérience était comme une interlude qui m’as permis de profiter, de vivre un peu au jour le jour (toutes proportions gardées), de me laisser porter un peu et d’apprendre à lâcher prise. Elle m’a également permis d’apprendre énormément de choses sur moi-même et d’évoluer en tant que personne. Mais au bout d’un an à ce rythme, l’incertitude c’est plus le fun. Aujourd’hui, ça ne m’apporte plus que du stress et des nuits sans sommeil. Le fait que je sois en train d’écrire tout ça à deux heures du matin en est la preuve. Le fait est que, je n’aurais jamais cru dire ça un jour mais, j’aspire à la stabilité, à la tranquillité. J’ai envie de me poser, d’avoir un travail qui me plaît, dans lequel je me sens bien, un appartement à moi. J’ai envie de commencer ma vie de grande personne. Ça y est, mon heure est venue, je crois qu’il faut que je devienne adulte. Même si je continuerai à ne rien ranger, à inventer des chansons qui ne font aucun sens, à manger des céréales en guise de dîner et à me conduire comme une gamine immature avec mes amis, une partie de moi est prête pour la suite. Alors oui, j’aurais pu vivre cette vie à Montréal. Mais la vérité c’est que, opinion impopulaire, j’aime Paris, j’aime y vivre, j’aime tous ses bons et ses mauvais côtés, et je ne me vois pas vivre ailleurs qu’au milieu de cette foule de râleurs pressés et désagréables. Donc je rentre.

Voilà, tout ceci est brouillon, désorganisé et beaucoup trop plein d’émotions, mais j’avais besoin de l’exprimer. En espérant ne pas vous avoir (trop) déçus.

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