Bathing in self love

(Les Culottées n’est pas sur la photo car je l’ai prêté pour prêcher la bonne parole autour de moi 🤷)

On a tous des moments plus ou moins difficiles à passer dans la vie, des événements ou des choses qui nous font perdre un peu confiance en la vie, en nous-même, qui nous font douter de notre valeur et nous font perdre un peu d’estime de soi. C’est loin d’être agréable, convenons-en. Je sors d’une période de ce genre et je reprends tranquillement goût à tout ce que j’aime faire, mais ça n’a pas été de tout repos de ce sortir de cet état d’esprit. Et pour m’en sortir, de cet état d’esprit dépréciatif et auto-dénigrant, j’ai fait ce que je sais faire de mieux (en dehors des blagues auto-dénigrantes, du coup) : j’ai lu des livres, plein de livres. Certains d’entre eux m’ont pas mal aidé, chacun à leur façon. Donc voici une petite sélection non exhaustive des livres bons pour le moral et l’estime de soi.

The subtle art of not giving a fuck, Mark Manson

J’ai en général un peu de mal avec les lectures de développement personnel qui t’enjoignent à être heureux, à relativiser tes problèmes et à te dire qu’il y a pire donc oublie le chouinage et concentre-toi sur le positif, fais du sport, mange équilibré et tout ira mieux. Ça vomit un genre d’hypocrisie qui ne me plaît pas et ne me parle pas du tout. Eh bien The Subtle Art of not giving a fuck, de Mark Manson, est carrément à l’opposé de tout ça. Il part du principe que oui, on a tous des problèmes, les ignorer ne servira à rien, il faut au contraire les reconnaître et les accepter pour pouvoir bien plus aisément les régler; qu’être heureux, ce n’est pas une fin en soi, mais un cheminement. Et que ce chemin n’est pas toujours facile. Il dit aussi que dans la vie, on ne peut pas être concerné par tout, tout le temps, sinon on ne s’en sort pas. Qu’on a un nombre limité de fucks to give et qu’il faut choisir consciencieusement à quoi on veut les consacrer. Bref, il dit plein de choses très intéressantes sur le bonheur, les problèmes, les relations amoureuses, la mort, notre perception de nous même et des autres, et comment se dépêtrer de tout ça du mieux qu’on peut. En plus de ça il dit plein de gros mots et donc forcément, ça me plaît. Je l’ai lu en anglais, mais il existe en français sous le titre L’art subtil de s’en foutre.

Morceau choisi :

If it feels like it’s you versus the world, chances are it’s really just you versus yourself.

Les Culottés 2, Pénélope Bagieu

Un classique (je crois qu’on peut le décrire comme tel en toute honnêteté), mais c’est toujours important de rappeler l’existence de cette BD exceptionnelle de Pénélope Bagieu. Je me suis enfin décidée à acheter le tome 2 presque deux ans après avoir lu le premier, et encore une fois ça valait clairement le coup ! On retrouve donc des portraits de femmes qui n’en font qu’à leur tête, aussi variées que des volcanologues, des reines des bandits, des actrices, des avocates, des journalistes et j’en passe. Parfait pour se rappeler qu’on peut être badass à n’importe quel âge, dans n’importe quel pays et peu importe ce qu’on fait de sa vie. Et pour se rappeler que nous aussi on peut être des femmes fortes et exceptionnelles à notre niveau.

Morceau choisi (extrait du portrait de Naziq al-Abid, activiste syrienne du début du 20e siècle) :

The sun and her flowers, Rupi Kaur

Son premier recueil, Milk and Honey m’avait déjà beaucoup plu, mais je crois que celui l’a m’a encore plus parlé. Je l’ai lu au bon moment, et certains poèmes ont vraiment résonné en moi, ont vraiment fait écho à ce que je ressentais au moment où je les ai lu. C’est doux, c’est triste, mais c’est positif et ça redonne espoir, ça nous apprend à nous aimer tel qu’on est. Comme pour son premier recueil, il y a un cheminement qui se fait dans l’ordre de lecture. Les poèmes sont divisés en 5 parties : wilting, falling, rooting, rising, blooming (faner, tomber, prendre racine, pousser, fleurir). Cette division nous montre que oui, peut-être qu’en ce moment on est plutôt dans la partie wilting ou falling, mais que petit à petit, ça ira mieux, et qu’on fleurira de nouveau. C’est plein d’espoir et en lisant cela on se dit que tout finira par s’arranger.

Morceau choisi :

it isn’t what we left behind
that breaks me
it’s what we could’ve built
had we stayed

Everything I know about love, Dolly Alderton

Clairement ma lecture préférée de ces derniers mois. Dolly Alderton est une journaliste et autrice anglaise qui a eu une jeunesse pour le moins occupée, entre les soirées, les mecs, les potes et les galères. Elle raconte tout cela, et nous parle donc de tout ce qu’elle sait à propos de l’amour, tout ce qu’elle a cru savoir, et tout ce qu’elle a appris au gré de ses expériences, que ça soit de l’amour passion, de l’amour amitié ou de l’amour famille. C’est déjà assez rafraîchissant de lire un livre qui parle d’amour, écrit par une personne qui a grandi sensiblement à la même époque que moi (elle a 29 ans), et qui a donc des références et des habitudes dans lesquelles je me reconnais. Mais surtout, c’est une énorme claque de positivité, pour apprendre à s’aimer et assimiler qu’on est suffisants tels qu’on est. Que l’amour c’est pas juste être en couple, c’est aussi aimer ses amis, sa famille, et surtout s’aimer soi-même. J’ai ri et j’ai pleuré en lisant ce livre, il m’a vraiment fait du bien, d’une façon que je n’aurais jamais pu prévoir. Vraiment, foncez, lisez ce livre.

Morceau choisi :

Because I am enough. My heart is enough. The stories and the sentences twisting around my mind are enough. I am fizzing and frothing and buzzing and exploding. I’m bubbling over and burning up. My early-morning walks and my late-night baths are enough. My loud laugh at the pub is enough. My piercing whistle, my singing in the shower, my double-jointed toes are enough. I am a just-pulled pint with a good, frothy head on it. I am my own universe; a galaxy; a solar system. I am the warm-up act, the main event and the backing singers.
And if this is it, if this is all there is – just me and the trees and the sky and the seas – I know now that that’s enough. I am enough.

Voilà pour cette petite sélection, et surtout n’oubliez pas, comme le dit une très bonne amie à moi :

Tu es faillible, imparfait.e, mais digne d’intérêt.

Parce qu’on n’est pas déterminés par ce qui nous arrive dans la vie, et qu’on reste des êtres humains avec des faiblesses, des défauts, mais ça ne fait pas de nous des personnes moins importantes, moins aimables. Et parce que, même si c’est pas toujours facile, l’amour, c’est bien de le donner aux autres, mais c’est encore mieux de se le donner à soi-même.

Des meufs qui dessinent

Aujourd’hui j’avais envie de vous parler de femmes qui m’inspirent par leur talent, par leur créativité, de femmes qui font des dessins, et de bien beaux dessins : Charlotte Chauvin, Sarah Andersen, Liz Climo, et Marie Boiseau. Etant moi-même incapable de faire mieux qu’un bonhomme bâton si on me met un crayon dans les mains, je suis toujours assez hallucinée par ces personnes capables de véhiculer autant de choses par ce biais. N’hésitez pas à cliquer sur les dessins pour les voir en plus grands, et sur les noms des artistes pour accéder à leurs sites respectifs.

Charlotte Chauvin a.k.a Cha Coco

Cha Coco en est le parfait exemple. Ses dessins me touchent à chaque fois et tapent exactement là où il faut, que ça soit des émotions positives ou négatives. Je me reconnais dans ces dessins et ils expriment souvent ce que je n’arrive pas forcément à exprimer moi-même. J’aime beaucoup son trait finalement assez simple mais extrêmement efficace pour nous emmener là où elle veut. L’alliance de ses dessins et de textes tout aussi percutants fonctionne à merveille. C’est vraiment un gros coup de cœur pour moi, et je rêve d’acheter un de ses dessins et de l’accrocher chez moi un de ces jours.

 

Sarah Andersen

Avec Sarah Andersen on est sur un style beaucoup plus cartoonesque. Vous la connaissez sûrement, ses petites planches de BD tournent régulièrement sur internet et elle a déjà sorti trois livres regroupant ces petites histoires de la vie quotidienne. Là encore je me reconnais dans ce qu’elle dessine mais de façon plus générale, dans des réactions, ou des actions. Elle trouve toujours la bonne anecdote pour appuyer son propos. C’est souvent léger, mignon et drôle, j’aime beaucoup !

 

Liz Climo

Avec Liz Climo, on est dans un style très enfantin, très mignon choupinou, et ça fait du bien de temps en temps. Elle raconte des petites histoires mignonnes avec des animaux comme protagonistes, et c’est souvent basé sur des jeux de mots ou des petites blagues un peu nulles. Du mignon et des blagues, ça ne pouvait que me plaire ! Son style de dessin est assez épuré mais il porte son propos à merveille, donc c’est parfait.

Marie Boiseau

Marie Boiseau me fait rêver avec ses dessins doux, fleuris et positifs qui ont le gros avantage de présenter des corps bien moins normés que ce que l’on voit habituellement, et ça fait vraiment plaisir ! Mais au-delà de ça, j’aime beaucoup l’ambiance qui se dégage généralement de ses dessins, c’est apaisant, doux et agréable.

  Dessin de Marie Boiseau

 

J’espère que ces talentueuses artistes vous ont plu autant qu’à moi !
Si vous en avez d’autres à me recommander n’hésitez pas à le faire en commentaire 🙂

Vernon Subutex

Vernon Subutex livres 1, 2 et 3

Et non vous ne rêvez pas, il y a bien un nouvel article sur Petit Papier ! J’ai été un peu rattrapée par le rythme effréné de la vie ces derniers temps mais cette fois-ci je prends les devants et j’ai attendu d’avoir quelques articles d’avances avant de reprendre les publications, comme ça même en cas de manque de temps chronique, je pourrai fournir au moins pour un temps. Je vais d’ailleurs être réaliste et suivre le rythme d’un article toutes les deux semaines. Sur ce, entrons dans le vif du sujet 🙂

Ça fait des années que je me dis qu’il faut que je lise Virginie Despentes, cette auteure française reconnue, talentueuse, et féministe en plus de cela, mais je n’ai jamais vraiment pris le temps de le faire. Depuis quelques mois maintenant, j’entendais parler de la trilogie Vernon Subutex, et que en bien, de personnes totalement différentes, et j’avais de plus en plus envie de la lire. Et puis à Noël, ma belle-sœur, qui faisait partie de ces personnes m’en ayant dit beaucoup de bien, m’a offert les trois tomes. Et je la remercie ! Quelle aventure que la lecture de cette fresque !

QUI EST VERNON SUBUTEX ?
Une légende urbaine.
Un ange déchu.
Un disparu qui ne cesse de ressurgir.
Le détenteur d’un secret.
Le dernier témoin d’un monde disparu.
L’ultime visage de notre comédie inhumaine.
Notre fantôme à tous.

Le texte de quatrième de couverture donne très peu d’informations, et c’est en fait pour le mieux. C’est une lecture qui s’apprécie d’autant plus qu’on sait vaguement à quoi s’attendre, qu’on n’a pas d’idée précise de ce que l’on s’apprête à lire, et qu’on est à peu près incapable d’en faire un résumé fiable une fois la lecture terminée.

Pour placer le contexte dans lequel l’histoire évolue je ne dirai que ça : on suit l’histoire de Vernon Subutex donc, un ancien disquaire, au chômage depuis qu’il a été obligé de fermer boutique faute de clients, et qui s’apprête à se retrouver à la rue. On le retrouve alors qu’il apprend la mort du chanteur Alex Bleach, qui était un vieil ami à lui. Entre souvenirs du passé et appréhension du futur, Vernon avance comme il peut dans cette société qu’il a un peu de mal à appréhender.

Vernon Subutex, c’est une immense fresque de la vie humaine. Ce n’est pas juste l’histoire de Vernon non, il n’est finalement qu’un prétexte à l’auteure pour peindre le portrait d’une époque, d’une société, d’une ambiance. L’histoire s’articule autour de la vie de Vernon, mais l’on découvre la vie de tout un tas d’autres personnages intéressants, complets, complexes même. La particularité de cette saga est qu’à chaque chapitre on change de narrateur. On alterne tout du long entre une dizaine de personnages autour desquels tourne l’intrigue, parfois pour quelques pages, parfois pour tout un livre ou toute la trilogie. Au début c’est assez perturbant, on peine un peu à faire le lien entre les différents personnages : qui connaît qui, comment leurs histoires s’imbriquent, même si le point commun à chaque personnage est toujours le même : Vernon Subutex. Mais peu à peu l’image d’ensemble se construit et les tenants et aboutissants de l’intrigue se mettent en place. L’autre point fort de cette trilogie, au delà de l’écriture très brute mais cependant agréable à lire de Virginie Despentes, c’est l’ambiance propre à chaque tome. J’ai refermé le premier livre en m’attendant à me replonger directement dans l’histoire en commençant le deuxième, sans transition. Alors qu’en fait entre chaque tome il y a une ellipse, mais surtout un changement d’atmosphère. On sent vraiment qu’on passe à une autre partie de l’histoire, une autre époque de cette fresque qui s’étale sur plusieurs années.

Les personnages de Vernon Subutex sont vraiment intéressants, comme je le disais un peu plus haut. On a vraiment des individus complexes, ni tout blancs ni tout noirs, tout en nuances, qu’on se prend à détester dans un chapitre et à plaindre dans celui d’après. Ils sont (presque) tous un peu détestables mais attachants à leur façon. Et finalement c’est ça aussi qui fait la force de cette trilogie : on est face à des gens réalistes, crédibles, pleins de nuances, de faiblesses et de défauts. Comme dans la vraie vie. Et c’est assez rafraîchissant finalement. Tout comme le fait que l’histoire soit rattachée aux événements réels qui se sont passés ces dernières années, à des endroits que l’on connaît. Je me suis vraiment sentie intégrée à l’histoire en suivant les personnages déambuler à travers Paris, et vivre des événements que j’ai vécus. C’est à la fois une drôle de sensation de lire de la fiction sur des choses qu’on connaît dans la vraie vie, mais aussi finalement assez réconfortant de se reconnaître dans certaines sensations, certaines réactions.

Le seul bémol est pour moi l’épilogue. Le troisième tome se finit parfaitement, entre violence, surprise et tristesse, et l’épilogue arrive pour moi comme un cheveu sur la soupe. Je l’ai lu les yeux écarquillés, ne comprenant pas trop ce que ça venait faire là. Donc j’ai décidé de ne pas en tenir compte. Ne lisez pas l’épilogue (ou lisez-le mais comme ne faisant pas partie de l’histoire).

Je n’ai pas envie de vous en dire plus, parce que je veux que votre expérience de lecture soit similaire à la mienne : pas trop d’infos, juste assez pour se dire que ça a l’air vraiment cool comme trilogie et que ça vaut peut-être le coup de s’y intéresser. Quand vous aurez commencé le premier tome, vous n’aurez plus besoin d’être convaincus.

The Handmaid’s Tale

Elizabeth Moss dans The Handmaid's Tale

Si vous avez pas entendu parler de The Handmaid’s Tale (La Servante écarlate en français) en 2017 ce que vous avez été coupé du monde, ou au moins des réseaux sociaux, parce que tout le monde ne parlait que de ça. Et à raison. Qu’est-ce que c’est que The Handmaid’s Tale ? A l’origine, c’est un roman dystopique écrit par Margaret Atwood dans les années 80, dont le résumé est le suivant :

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté.

Le roman a été adapté en série en 2017, d’où le retour de hype du roman par la même occasion. Ça faisait plusieurs mois voire années que j’avais envie de lire ce livre et puis finalement il passait toujours à la trappe au profit d’autres lectures. Avec l’arrivée de la série, ça m’a motivé à enfin le lire. Parce que je voulais regarder la série, mais en bonne lectrice je voulais d’abord avoir un aperçu de l’oeuvre originale. J’ai beaucoup apprécié le livre, notamment par sa crédibilité dans le futur dystopique qu’il présente. La société de Gilead est aberrante et extrême, mais finalement le basculement arrive très vite et nous permet de nous rendre compte qu’il ne manque pas grand chose au monde dans lequel on vit actuellement pour que cela devienne notre quotidien. Le roman présente parfaitement le fonctionnement de la société, les différentes catégories d’individus qui la composent, les règles qui la régissent et les oppositions qui s’y organisent. Malgré cela, j’ai trouvé l’histoire assez lente, et même si clairement le but de ce roman n’est pas de proposer de l’action à chaque instant, j’ai trouvé que c’était une lecture assez contemplative, assez passive. On voit les événements se dérouler lentement sous nos yeux et ça manque un peu de rythme.

C’est pour cela que j’ai vraiment apprécié l’adaptation en série. Elle est extrêmement fidèle à l’univers du livre, et présente parfaitement la société de Gilead, tout comme le roman l’a fait avant elle. De ce côté là, l’adaptation est superbe. La série a cependant pris des libertés quand à l’histoire de Defred (Offred en VO) et c’est à mon avis pour le mieux. La faiblesse du livre résidait à mes yeux dans le manque d’action, et la série comble parfaitement ce manque. On y retrouve quelques instants plutôt contemplatifs avec la voix off du personnage principal qui déroule ses pensées, mais cela donne de bonnes respirations aux épisodes qui sont généralement plutôt mouvementés. Lorsque j’ai eu fini le premier épisode, j’ai eu l’impression que les trois quart du livres avaient été abordés, et je me suis vraiment demandée comment allaient se construire les autres épisodes de la série. Finalement, on retrouve la trame principale du roman, mais enrichie de détails. Notamment au niveau des flashbacks, qui sont déjà présents dans le livre, mais qui sont plus fréquents dans la série et nous en apprennent davantage sur la vie passée de June, avec Luke et Hannah ou avec Moira, et même du Commandant et de Serena Joy, ou de Nick, mais aussi de la mise en place progressive de ce régime totalitaire. De façon générale, les personnages secondaires sont bien plus développés et travaillés dans la série, et c’est pour le mieux (et quel plaisir de retrouver Samira Wiley dans le rôle de Moira ! J’ai poussé un petit cri de joie en la voyant apparaître sur mon écran).

Enfin, si la première saison se termine à peu près de la même façon que le livre, elle laisse plus de possibilités à la suite des événements, et je suis vraiment impatiente de voir la saison deux qui sort à la fin du mois d’avril ! J’aime vraiment l’univers qu’ils ont réussi à développer à partir de l’histoire originelle, je trouve que c’est une série vraiment bien travaillée et intéressante, aussi bien en ce qui concerne l’histoire que les personnages, et même la qualité visuelle est assez exceptionnelle. Aussi, la série semble offrir plus de possibilités à la rébellion que le roman, qui m’a laissée un peu dépitée sur la situation générale de Gilead, tandis que la série propose une petite note d’espoir, une porte de sortie de cette société horrible où les femmes sont exploitées ainsi.

Et oui, car comment parler de cette oeuvre sans évoquer le fort message féministe (vous commencez à me connaître) qui se cache derrière ? Gilead est une société où les femmes sont réduites à leur seule fonction reproductrice pour les servantes, tandis que les marthas ne sont finalement bonnes qu’à faire la cuisine et le ménage, et les épouses sont de jolis pots de fleurs décoratifs aux côtés de leurs maris qui dirigent. Ok, dit comme ça c’est tout sauf féministe, mais puisque la série dénonce cela en nous présentant des personnages féminins qui luttent contre ces statuts et qui essaient de se sortir de cette société, ça l’est effectivement, féministe. Que ce soit June/Defred qui clairement ne se satisfait pas de son rôle de réceptacle à semence et qui lutte à hauteur de ses moyens pour ne serait-ce qu’avoir la satisfaction de dire “vous ne m’avez pas brimée, je fais ce que je veux”, ou bien Serena Joy qui malgré son statut privilégié d’épouse d’un Commandant haut placé, se rend compte de tout ce qu’elle a perdu par rapport à sa vie d’avant, et qui enfreint allègrement les lois qu’elle a elle-même participé à écrire, on a des personnages féminins qui ne veulent plus se plier à la volonté de cette société dirigée par des hommes et qui luttent à leur niveau pour s’octroyer un peu de liberté. Et j’ose espérer que la deuxième saison nous offrira encore plus de rébellion, de femmes fortes et inspirantes et d’actions contre cette société terrible.

C’est donc un bilan très positif pour tout cet univers, même si clairement la série a dépassé mes espérances et est pour moi une adaptation presque meilleure que l’original. C’est assez rare pour être souligné ! Je ne peux que vous conseiller de lire le livre, puis regarder la première saison à temps pour la sortie des prochains épisodes, qui arrive très bientôt.

Avez vous lu/vu cette œuvre ? Ça vous a plu ? Trouvez-vous que c’est une bonne adaptation ?

Bad Feminist de Roxane Gay

Aujourd’hui je viens vous parler du livre de Roxane Gay, Bad Feminist, et ce dans le cadre du Femini-Books. Qu’est-ce que c’est que ce truc encore ? C’est un projet mis en place par Opalyne et qui prend place tout le mois de mars : le but est de mettre en avant le féminisme à travers des ouvrages qui nous ont marqués. Chaque jour un blogueur présente un livre (le projet est développé en parallèle sur Youtube avec chaque jour une vidéo sur un livre féministe). Pour la partie blog, hier c’était Little Zommbie qui vous présentait la BD sur Le Féminisme de La Petite bédéthèque des savoirs (qui est d’ailleurs une super BD d’initiation aux principales revendications féministes) et aujourd’hui c’est à mon tour !

J’ai donc choisi de vous parler du recueil d’essais de Roxane Gay, Bad Feminist. En abordant divers sujets de la vie de tous les jours, elle présente sa vision du féminisme et traite des questions de genre et de race.

Bad Feminist. Derrière ce titre ironique, Roxane Gay développe une réflexion révolutionnaire et bienvenue sur l’état actuel du féminisme. Lassée des prises de position parfois trop clivantes de certaines organisations féministes, et fatiguée d’entendre des femmes dire qu’elles ne sont pas féministes, elle rappelle que la défense de l’égalité des sexes ne dispense pas d’assumer ses contradictions : on peut aimer la télé-réalité, se peindre les ongles en rose et revendiquer le fait d’être féministe.

Les essais sont regroupés en plusieurs grandes catégories : “Me”, “Gender & Sexuality”, “Race & entertainment”, “Politics, gender & race”, “Back to me”. Elle y aborde des sujets qui lui sont chers tels que l’amitié entre femmes, les discriminations de sexe, genre, race et poids, la représentation des femmes, des noirs, et des femmes noires dans la pop culture, tout un tas de sujets ancrés dans notre quotidien et dans ce que l’on voit en permanence sur internet, les réseaux sociaux, les séries, les films et la littérature. L’idée principale défendue par ce livre, c’est qu’il n’existe pas une bonne formule au féminisme. On a tous nos défauts, nos travers, l’important est de le savoir, d’en avoir conscience et de tendre vers un idéal (même si on ne l’atteint jamais). Roxane Gay évoque le fait que le féminisme mainstream n’est pas celui de toutes, et que chacune a sa vision des choses, et qu’il faut savoir prendre en compte les particularités de chacune pour pouvoir défendre tout le monde. En gros, chacun fait ce qu’il peut à son échelle, en ayant conscience de ses imperfections pour s’améliorer constamment, apprendre des expériences des autres et rester ouvert aux expériences de chacun.

Quant aux sujets qu’elle aborde dans les différents essais de son livre, ils sont pertinents, parfaitement traités, et j’ai oscillé entre approbation totale de ses propos sur les sujets féministes, et apprentissage sur les sujets qui concernaient davantage les questions de race. Ce recueil est une mine de savoir, de connaissances et d’apprentissage qui nous fait remettre en question en permanence sur les différents sujets importants abordés dans ses pages. On comprend que oui, beaucoup de chemin a été parcouru ces dernières années, mais qu’il en reste encore énormément à faire. Et voilà, maintenant j’ai envie de le relire !

Je vous conseille dans la mesure du possible de le lire en anglais, c’est vraiment toujours plus agréable de lire les livres dans la langue d’origine, mais si jamais vous préférez la version française, sachez qu’il sort la semaine prochaine chez Denoël !

Pour la suite du Femini-Books, ça se passe demain sur le blog de Notes Meteques, par ici. Vous pouvez également aller faire un tour sur le Twitter et le Facebook du projet, pour voir tous les articles et toutes les vidéos de cette session !

La Forme de l’eau

© The Shape of Water


De façon générale, j’aime pas trop regarder les bande-annonces de films, je trouve que ça en révèle toujours trop. Un petit résumé de quelques lignes me suffit généralement à me décider pour un film ou l’autre. C’est ce qui s’est passé pour La Forme de l’eau, de Guillermo del Toro. J’ai juste lu le synopsis, entendu quelques échos positifs (des négatifs, aussi) et je me suis décidée.

Modeste employée d’un laboratoire gouvernemental ultrasecret, Elisa mène une existence solitaire, d’autant plus isolée qu’elle est muette. Sa vie bascule à jamais lorsqu’elle et sa collègue Zelda découvrent une expérience encore plus secrète que les autres…

Avec ce résumé bien mystérieux, je n’avais pas vraiment d’attente en posant mes fesses sur le siège rouge de la salle de cinéma. Au début, je vais être honnête, je me suis un peu demandée ce que je faisais là. Le début du film est un peu long, mais il permet de mettre en place le contexte et se justifie finalement sur la totalité du film. Et puis on finit par être embarqué dans l’histoire. Pour reprendre rapidement, on a Eliza, femme de ménage dans un laboratoire gouvernemental donc, qui va voir arriver une créature amphibie et va se prendre d’amitié pour lui. Elle réussit à communiquer avec lui grâce au langage des signes. On se prend d’amitié pour Eliza, qui est discrète de par le fait qu’elle est muette, mais qui ne se laisse pas faire pour autant. Ses relations amicales sont sincères et belles, que ce soit avec sa collègue Zelda ou avec son voisin Giles. La situation va dégénérer quand Strickland, le chef de la sécurité du laboratoire, l’archétype du connard de base – raciste, sexiste, désagréable, malpoli, et mauvais coup au lit, qui se croit tout permis du haut de son petit poste vaguement important, et qui profite de son pouvoir pour maltraiter les gens (et les créatures marines) – décide d’opérer une vivisection sur la créature. Eliza va donc essayer de le sauver, malgré toutes les difficultés que cela représente.

Alors oui, on croise quelques incohérences tout au long de ce film, mais ce n’est finalement pas si grave. La Forme de l’eau reste un film magnifique, poétique, aussi bien dans son aspect visuel que dans l’histoire qu’il raconte. On en ressort un peu chamboulé, à rêver d’une belle histoire d’amour (bon de préférence pas avec une créature amphibie, mais ne soyons pas trop difficiles). La photographie du film est absolument sublime et joue fortement dans le rendu de l’ambiance années 60 sur fond de guerre froide qui est retransmise dans le film. Ça plus le personnage de Strickland qui représente très bien l’Amérique de l’époque dans toute sa négativité et son abus, participent à l’ambiance incroyable de ce film. Le seul reproche que je vois à faire à ce film, c’est de n’avoir pas casté une personne réellement muette pour jouer le rôle d’Eliza. Alors oui, c’est une histoire un peu improbable, il y a quelques scènes qui nous laissent un peu étonnés, mais dans l’ensemble, c’est vraiment une belle histoire, un film duquel on ressort un peu changé, un peu plus doux, un peu plus ouvert et un peu plus amoureux de la vie.

 

L’horreur en série, bonne ou mauvaise idée ?

© American Horror Story


Dans la vraie vie j’aime pas trop trop avoir peur, mais devant un écran c’est un truc qui me plaît plutôt bien. Depuis pas mal d’années, j’essaie de me faire une culture du cinéma d’horreur raisonnable, et si j’ai encore beaucoup de films à voir, je commence déjà à accumuler les visionnages. Et puis avec le développement agressif des séries ces dernières années, il y a bien quelques personnes qui se sont dit que ça serait une bonne idée de faire des séries de genre. Aujourd’hui, je vais vous parler de quatre séries d’horreur qui m’ont plus ou moins plu et pourquoi : American Horror Story, Scream Queens, Scream et Slasher.

American Horror Story

J’aurais pu faire un article juste pour cette série tant il y aurait à dire sur le sujet. Chaque saison est indépendante et reprend une histoire, un contexte, des personnages et un univers différent. On retrouve cependant sensiblement les mêmes acteurs d’une saison à l’autre, dans des rôles différents. La première saison, retraçait les différents meurtres qui ont eu lieu dans une seule et même maison. La deuxième se concentrait sur un asile psychiatrique dans les années 60. La troisième suivait un couvent de sorcières. La quatrième un freak show au début du 20e siècle. La cinquième un hôtel peuplé d’étranges personnes. La sixième parle de la légende de Roanoke à travers une ferme construite sur la terre maudite. La dernière suit les actions d’une secte politique bien particulière qui se balade déguisé en clowns. En gros. On a donc des histoires complètement différentes d’une saison à l’autre, et si à mes yeux la série a un peu perdu son souffle sur les saisons quatre à six, elle revient clairement en force avec cette dernière saison complètement ancrée dans le réel, qui se situe au moment de l’élection de Trump à la tête des Etats-Unis. La force de l’horreur, c’est de nous faire croire que ça pourrait nous arriver, et avec cette dernière saison, on est face à quelque chose de beaucoup trop vrai, beaucoup trop crédible, et c’est terrifiant. C’est pour moi la meilleure série d’horreur et l’une des meilleures séries tous genre confondus, grâce à des scénarios renouvelés et intéressants, des acteurs exceptionnels qu’on se plait à retrouver d’une saison à l’autre, et toujours une ambiance glauque à souhait.

Scream Queens

Par les mêmes créateurs qu’American Horror Story, Scream Queens se place dans un genre un peu différent, puisqu’on est sur de l’horreur comique, ou du comique horrifiant, je ne sais pas trop. La série, annulée l’année dernière, ne compte que deux saisons, mais elles se dégustent sans difficulté. On oscille entre le rire et les cris en fonction des scènes. L’histoire est banale : un tueur en série sévit sur un campus d’université américaine. Les personnages sont caricaturaux à souhait, c’est clairement ce qui fait leur force. Tout le ressort de la série tient dans les réactions sur-exagérées des personnages. La saison deux part encore dans des histoires improbables, avec les mêmes personnages (restants) dans un contexte totalement différent, mais pour le coup c’est tellement volontairement du grand n’importe quoi que c’est vraiment un plaisir de regarder cette série.

Scream

Pour moi, c’est la série d’horreur la moins réussie de toutes celles que j’ai vues. L’histoire est classique, un tueur en série sévit dans une petite ville américaine et l’héroïne essaie désespérément d’arrêter le tueur tout en voyant ses amis mourir un par un sous ses yeux. Le tout sur fond d’ancienne histoire de la ville qui a déjà vécu une période semblable des dizaines d’année plus tôt. Rien de fou, mais la première saison nous tient pas mal en haleine. J’ai été bien accrochée par le rythme, même si on voit assez rapidement venir qui est le tueur. Les personnages sont attachants et un peu moins cons que d’habitude pour de l’horreur, donc c’est rafraîchissant. L’erreur a clairement été de faire une deuxième saison. C’était trop tirer sur la corde, de vouloir continuer l’histoire avec les mêmes personnages, qui vont revivre des aventures désastreuses et horrifiques. On a beaucoup trop senti ramer les scénaristes sur cette deuxième saison. Parfois, il vaut mieux savoir s’arrêter.

Slasher

Un bilan un peu plus mitigé sur cette série, qui comme American Horror Story est en fait une série d’anthologie : chaque saison raconte une histoire différente. La première est assez banale, avec un tueur en série qui agit sur fond de sept péchés capitaux. La personnage principale est assez agaçante, et la révélation du tueur tombe vraiment à plat, c’est pas vraiment justifié, par vraiment crédible, et pas très intéressant. La deuxième saison, quant à elle, remonte clairement le niveau. On y suit l’histoire de cinq amis qui reviennent en plein hiver passer le weekend dans le camp de vacances où ils ont été moniteurs cinq ans auparavant. Il cohabitent pendant ce weekend avec une communauté pacifique qui s’est installée là depuis quelques mois, quand ils se font attaquer par un tueur. Sur cette deuxième saison, l’histoire est bien plus travaillée, les personnages plus intéressants, et la révélation du tueur, même si elle finit par être évidente sur la fin de la saison, est cette fois-ci crédible, bien amenée et intéressante. L’amélioration de la série sur la deuxième saison est je pense due à son rachat par Netflix, qui a dû mettre quelques scénaristes sur le coup pour en faire quelque chose de bien. Et c’est une réussite selon moi !

Conclusion : ce qui marche dans les séries d’horreur, c’est les anthologies. Vouloir étendre une histoire sur plusieurs saisons, c’est assez compliqué à mettre en place pour ce genre cinématographique/télévisuel. Le renouvellement des intrigues et des personnages permet de proposer un contenu toujours qualitatif et bien fait. L’horreur-comique est également un bon moyen d’aborder le genre, à mon avis.

Avez-vous regardé ces séries ? Quelles sont vos séries d’horreur préférées ?

Apprendre une nouvelle langue avec Duolingo

J’ai toujours aimé apprendre des langues étrangères. J’ai commencé l’allemand en sixième et j’ai continué jusqu’à faire une seconde “Abibac” – double bac français/allemand – avant d’abandonner face à mon sentiment de nullité en comparaison aux autres élèves de ma classe et de poursuivre ma pratique de l’allemand en première et terminale avec une option européenne. J’ai poussé jusqu’à faire une année de fac d’allemand, faute d’avoir pu intégrer la formation qui me plaisait directement en sortant du bac. Et puis l’anglais, depuis la quatrième, a toujours coulé facilement, notamment parce qu’après avoir appris l’allemand, toute autre langue latine/germanique a l’air super simple, mais aussi parce que j’ai rapidement occupé mes étés de meuf triste à traduire les paroles de mes chansons préférées, puis j’ai commencé à regarder des films en VO, puis des séries. Bref, j’adore apprendre d’autres langues, les pratiquer, et garder un bon niveau. C’est dans cette optique là que j’ai découvert Duolingo, que j’utilisais à la base pour ne pas trop perdre mon allemand et pour réviser un peu avant le petit week-end berlinois que j’ai fait en 2015. Et puis je me suis dit un jour : pourquoi pas apprendre une nouvelle langue ? Comme ça, pour le fun. Mon choix s’est assez logiquement porté sur l’espagnol, histoire d’avoir le trio gagnant des langues scolaires.

Duolingo, c’est quoi ?

C’est une application gratuite (avec pub), ou payante (sans pub) disponible aussi bien sur Android que sur iOS (et même depuis un ordinateur) et qui permet, donc, d’apprendre de nouvelles langues. Ça se présente sous formes d’exercices regroupés par leçons qui reprennent un thème précis – objets, lieux, adjectifs, verbes au présent, pluriels, conjonctions, etc. – et qui contiennent chacun une dizaine de questions. Cela peut consister à traduire une phrase, dans un sens ou dans l’autre, associer les mots et leurs traductions dans une liste, ou traduire en choisissant des mots dans une liste. Il y a aussi des exercices où il faut répondre à haute voix, mais comme je pratique dans les transports en commun, je les ai désactivés. Si vous vous trompez, votre barre de progression recule d’un cran, et la question vous sera reposée à la fin de l’exercice. Quand vous maîtrisez parfaitement une leçon, elle passe en doré, et vous pouvez vous attaquer à la suivante. De temps en temps, une leçon va repasser en couleur, cela veut dire qu’il faut réviser ce sujet pour ne pas perdre la main.

Pourquoi c’est trop cool ?

C’est très satisfaisant de scroller dans l’application et de voir toutes ces petites pastilles dorées qui prouvent votre réussite. Il y a également un petit encart qui indique votre pourcentage de maîtrise de la langue : moi je maîtrise l’espagnol à 55% apparemment. Bon en vrai je ne pense pas que ça soit le cas, mais ça donne votre avancement dans les exercices disponibles sur l’application. En plus de cela, on peut se donner des objectifs quotidiens pour se motiver à y aller régulièrement. J’ai fixé mon objectif quotidien à 50xp, ce qui correspond à 5 exercices. Je les fais dans le train sur mon trajet du retour, et ça me prend environ 10mn. On peut même faire des “paris”, et si on remplit son objectif sept jours d’affilée on gagne des gemmes – qui servent à “acheter” des supers pouvoirs, mais perso, c’est surtout pour la fierté de gagner des trucs. Après on peut créer des clubs et partager notre avancement avec les autres membres, mais perso je n’appartiens à aucun club (sinon un club dont je suis la seule membre que j’ai créé sans faire exprès et que je n’arrive pas à supprimer). Du coup si certains d’entre vous ont un club d’espagnol, invitez-moi, tiens !

Les compléments à Duolingo

Cette pratique régulière de l’espagnol m’a permis d’acquérir les bases de cette langue. Je ne pense pas qu’on puisse totalement apprendre une langue grâce à Duolingo, mais couplé à d’autres styles d’apprentissage, c’est vraiment intéressant. En support, je me suis pris un petit cahier où je note mon avancement dans les différentes leçons, ainsi que le vocabulaire que j’apprend, au fur et à mesure de mes apprentissages. Je me suis également fait une partie conjugaison, où je note les verbes les plus importants, pour l’instant au présent et au passé simple, qui sont les deux seuls temps que j’ai vus. C’est pratique d’avoir un support physique auquel se reporter en cas de trou sur la traduction d’un mot, et pour la conjugaison, d’avoir un aperçu global des différentes terminaisons en fonction des temps et des sujets. J’ai également commencé à regarder une série en espagnol sur Netflix (Las Chicas del cable) pour me familiariser avec les sonorités.

Bilan après quelques semaines d’utilisation

Aujourd’hui, après environ un mois et demi d’usage quotidien ou presque, je commence à avoir une compréhension basique de l’espagnol, même si je ne suis pas encore capable de suivre une conversation, encore moins d’en tenir une. Mais il y a peu de temps, j’ai été confrontée à quelques phrases d’espagnol au travail, et j’ai compris le sens de ces phrases sans trop de difficulté. C’est un vrai plaisir de se rendre compte qu’on est capable de comprendre une nouvelle langue, c’est comme une nouveau monde qui s’ouvre à nous ! Et j’ai bon espoir d’améliorer encore ma compréhension, puis un jour mon expression pour être capable de tenir une conversation 🙂

Et vous, vous utilisez Duolingo ? Ou vous apprenez de nouvelles langues avec d’autres outils ?

Le vrai sexe de la vraie vie

Aujourd’hui je viens vous parler du Vrai sexe de la vraie vie. Alors non, je ne vais pas vous raconter ma vie privée, mais plutôt vous parler des deux tomes de l’excellente BD écrite par Cy. Elle a commencé chez Madmoizelle, où elle a entre autres publié une série d’articles intitulée Le dessin de Cy.(prine), et on admire ce jeu de mot parfait, d’ailleurs ! Bref, c’était une petit chronique BD où elle racontait des anecdotes de cul sans phare et sans complexe. Elle a continué sur cette voie avec cette superbe BD publiée chez Lapin, et qui compte pour l’instant 2 tomes (et j’espère qu’il y en aura plein d’autres !).

Tu as remarqué, malin(e) comme tu es, que ce livre va parler de sexe. Mais est-ce qu’on t’a déjà parlé du VRAI sexe ? Celui avec des maladresses et des ratés (dans les 2 sens du terme), celui qui est pudique et hésitant, celui avec du sable dans la shnek, celui de la première fois, celui avec le décor qui casse ou les sphincters qui lâchent, celui dans des endroits inconfortables, celui avec un handicap, celui avec des objets, celui avec des vrais gens, hétéros, homos, bi ou transgenres, celui avec ou sans amour, bref celui qui change du porno et qui décomplexe à mort nos soubresauts maladroits et humains.

Bon ben tout est dit dans ce résumé de l’éditeur, en fait. Cy nous raconte des anecdotes de la vie réelle, avec des gens divers et variés, des sexualités diverses et variées, à qui il arrive plein d’histoires compliquées et pas fluides et pas parfaites. On s’identifie toujours un peu à l’un ou l’autre des personnages dépeints dans ces anecdotes, à certaines mésaventures, à certains complexes ou gênes. Il y en a pour tous les goûts et tous les individus, c’est assez peu probable que tu ne te reconnaisses pas un minimum dans l’une ou l’autre des histoires. C’est frais, ça change des clichés du sexe qu’on voit dans les films/séries, le porno ou autres objets de la culture populaire qui nous en donnent une image lisse, parfaite et sans accroc, ou faussée et toujours pareille. En plus de cela, les dessins sont franchement beaux, aussi bien à l’intérieur que sur la couverture.

Instant anecdote : J’ai acheté les deux tomes d’un coup pendant ma pause déjeuner. Dans l’après-midi, une de mes collègues les a entraperçus dans mon sac et m’a demandé ce que c’était, parce que ça avait l’air joli. Donc je lui ai montré, et petite surprise en voyant qu’en fait c’était plein de petits gens qui faisaient du sexe ! Fin de l’instant anecdote.

Aussi, de temps en temps après une histoire, Cy revient sur quelques notions importantes, du style “se protéger”, “le consentement”, “le sexe avec un handicap”, ce genre de choses. De petites interludes pleines d’informations importantes et intéressantes, présentées de façon ludique et attrayante. Un petit plus non négligeable qui donne une dimension supplémentaire à la BD, et qui montre bien qu’on est pas là juste pour lire des histoires de cul, mais aussi pour apprendre, comprendre, et s’y reconnaître.

Bref, c’est un gros coup de cœur, je les ai dévorés en une soirée, c’est beau, c’est bien, c’est intéressant, c’est parfois drôle, parfois moins, mais toujours juste. C’est diversifié et ça parle à tous, peu importe ton orientation sexuelle, ton genre, ton sexe, ta couleur de peau, tes préférences. C’est d’utilité publique, donc lis-le (oui, c’est un ordre) !

Pourquoi Grey’s Anatomy n’est pas une série médicale

© Maelick


Grey’s Anatomy est l’une des séries les plus connues et les plus regardées, depuis pas loin de 15 ans qu’elle occupe nos écrans. Le synopsis de départ est le suivant :

Meredith Grey, fille d’un chirurgien très réputé, commence son internat de première année en médecine chirurgicale dans un hôpital de Seattle. La jeune femme s’efforce de maintenir de bonnes relations avec ses camarades internes, mais dans ce métier difficile la compétition fait rage…

Si la série a commencé comme une incursion dans le monde hospitalier, à l’image de Urgences ou de Dr. House, elle a su évoluer au fil du temps et proposer quelque chose d’un peu plus complexe. Il me semble que toutes les personnes qui travaillent réellement dans ce milieu et qui ont un jour pris le temps de regarder un ou deux épisodes de cette série se sont mis d’accord pour dire que c’était vraisemblablement plein de conneries au sens professionnel du sujet. Si on ajoute à cela l’alternance dramatique des morts, des accidents, des trahisons, des explosions et des catastrophes naturelles, il  en ressort que Grey’s Anatomy est loin d’être réaliste quant à la vie en milieu hospitalier. On est tous d’accord sur ce point, je pense.

Mais ce n’est clairement pas pour ça que l’on regarde Grey’s Anatomy. Qui prétend regarder cette série pour les opérations chirurgicales ? Si les gens (moi compris), regardent Grey’s Anatomy, c’est pour les relations humaines, les émotions, les situations de vie, les drames, les bonheurs. On a vu les personnages évoluer au fil des saisons, certains fondent une famille, d’autres meurent, s’en vont vers un avenir plus (ou moins) brillant loin de Seattle. C’est sûr que les personnages de cette série sont sûrement les 20 personnes les moins chanceuses de la terre entière tellement ils enchaînent les merdes, mais pour moi tout cela est juste un prétexte pour parler de certains sujets. La mort, évidemment, la maladie, mais aussi les relations amoureuses et amicales, les difficultés à travailler avec des gens qui sont devenus nos amis.

Et dans la dernière saison, Shonda Rhimes, la réalisatrice de Grey’s Anatomy, s’est attaquée à des sujets de société bien plus actuels, comme la violence policière envers les noirs, et donc par extension le racisme, mais aussi la violence conjugale, la transidentité, le féminisme, l’homosexualité (et ce depuis un bon paquet d’années, pour le coup). Elle propose des personnages de femmes fortes et indépendantes, qui réussissent professionnellement ET personnellement, des femmes qui ne veulent pas avoir d’enfants, des femmes au passé complexe… Elle propose des personnages homosexuels, bisexuels, transgenres, des personnages qui choisissent de ne pas coucher avant le mariage, d’autres qui enchaînent les histoires sans lendemain. Elle propose des personnages noirs, arabes, indiens, blancs. Il y a de la diversité dans les personnages de Grey’s Anatomy. Et ça fait plaisir de voir autant de diversité dans une seule série, avec des personnages qui ne sont pas stéréotypés, qui sont travaillés et généralement bien interprétés par les acteurs.

C’est cela pour moi, qui fait la force de cette série. Ce n’est pas la toile de fond hospitalière, même si les enjeux autour des opérations à risques, des innovations médicales et des décisions difficiles font évidemment partie de l’intérêt de cette série, qui importe vraiment. Ce qui importe, c’est la vie. La vie de ses personnages, dans lesquels on peut toujours un peu se reconnaître. C’est pour cela qu’on se retrouve à pleurer à chaque épisode ou presque (oui je parle clairement de moi en disant “on”, ne me jugez pas, merci). Parce qu’on se reconnaît dans ces histoires, on s’identifie à ces personnages. Voilà pourquoi, à mes yeux, Grey’s Anatomy n’est pas une série médicale, et pourquoi elle est toujours autant regardée après 14 saisons, et pourquoi elle me plaît toujours autant après toutes ces années.

Vous regardez Grey’s Anatomy ? Quel est votre avis sur la question ?

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