Des meufs qui dessinent

Aujourd’hui j’avais envie de vous parler de femmes qui m’inspirent par leur talent, par leur créativité, de femmes qui font des dessins, et de bien beaux dessins : Charlotte Chauvin, Sarah Andersen, Liz Climo, et Marie Boiseau. Etant moi-même incapable de faire mieux qu’un bonhomme bâton si on me met un crayon dans les mains, je suis toujours assez hallucinée par ces personnes capables de véhiculer autant de choses par ce biais. N’hésitez pas à cliquer sur les dessins pour les voir en plus grands, et sur les noms des artistes pour accéder à leurs sites respectifs.

Charlotte Chauvin a.k.a Cha Coco

Cha Coco en est le parfait exemple. Ses dessins me touchent à chaque fois et tapent exactement là où il faut, que ça soit des émotions positives ou négatives. Je me reconnais dans ces dessins et ils expriment souvent ce que je n’arrive pas forcément à exprimer moi-même. J’aime beaucoup son trait finalement assez simple mais extrêmement efficace pour nous emmener là où elle veut. L’alliance de ses dessins et de textes tout aussi percutants fonctionne à merveille. C’est vraiment un gros coup de cœur pour moi, et je rêve d’acheter un de ses dessins et de l’accrocher chez moi un de ces jours.

 

Sarah Andersen

Avec Sarah Andersen on est sur un style beaucoup plus cartoonesque. Vous la connaissez sûrement, ses petites planches de BD tournent régulièrement sur internet et elle a déjà sorti trois livres regroupant ces petites histoires de la vie quotidienne. Là encore je me reconnais dans ce qu’elle dessine mais de façon plus générale, dans des réactions, ou des actions. Elle trouve toujours la bonne anecdote pour appuyer son propos. C’est souvent léger, mignon et drôle, j’aime beaucoup !

 

Liz Climo

Avec Liz Climo, on est dans un style très enfantin, très mignon choupinou, et ça fait du bien de temps en temps. Elle raconte des petites histoires mignonnes avec des animaux comme protagonistes, et c’est souvent basé sur des jeux de mots ou des petites blagues un peu nulles. Du mignon et des blagues, ça ne pouvait que me plaire ! Son style de dessin est assez épuré mais il porte son propos à merveille, donc c’est parfait.

Marie Boiseau

Marie Boiseau me fait rêver avec ses dessins doux, fleuris et positifs qui ont le gros avantage de présenter des corps bien moins normés que ce que l’on voit habituellement, et ça fait vraiment plaisir ! Mais au-delà de ça, j’aime beaucoup l’ambiance qui se dégage généralement de ses dessins, c’est apaisant, doux et agréable.

  Dessin de Marie Boiseau

 

J’espère que ces talentueuses artistes vous ont plu autant qu’à moi !
Si vous en avez d’autres à me recommander n’hésitez pas à le faire en commentaire 🙂

Vernon Subutex

Vernon Subutex livres 1, 2 et 3

Et non vous ne rêvez pas, il y a bien un nouvel article sur Petit Papier ! J’ai été un peu rattrapée par le rythme effréné de la vie ces derniers temps mais cette fois-ci je prends les devants et j’ai attendu d’avoir quelques articles d’avances avant de reprendre les publications, comme ça même en cas de manque de temps chronique, je pourrai fournir au moins pour un temps. Je vais d’ailleurs être réaliste et suivre le rythme d’un article toutes les deux semaines. Sur ce, entrons dans le vif du sujet 🙂

Ça fait des années que je me dis qu’il faut que je lise Virginie Despentes, cette auteure française reconnue, talentueuse, et féministe en plus de cela, mais je n’ai jamais vraiment pris le temps de le faire. Depuis quelques mois maintenant, j’entendais parler de la trilogie Vernon Subutex, et que en bien, de personnes totalement différentes, et j’avais de plus en plus envie de la lire. Et puis à Noël, ma belle-sœur, qui faisait partie de ces personnes m’en ayant dit beaucoup de bien, m’a offert les trois tomes. Et je la remercie ! Quelle aventure que la lecture de cette fresque !

QUI EST VERNON SUBUTEX ?
Une légende urbaine.
Un ange déchu.
Un disparu qui ne cesse de ressurgir.
Le détenteur d’un secret.
Le dernier témoin d’un monde disparu.
L’ultime visage de notre comédie inhumaine.
Notre fantôme à tous.

Le texte de quatrième de couverture donne très peu d’informations, et c’est en fait pour le mieux. C’est une lecture qui s’apprécie d’autant plus qu’on sait vaguement à quoi s’attendre, qu’on n’a pas d’idée précise de ce que l’on s’apprête à lire, et qu’on est à peu près incapable d’en faire un résumé fiable une fois la lecture terminée.

Pour placer le contexte dans lequel l’histoire évolue je ne dirai que ça : on suit l’histoire de Vernon Subutex donc, un ancien disquaire, au chômage depuis qu’il a été obligé de fermer boutique faute de clients, et qui s’apprête à se retrouver à la rue. On le retrouve alors qu’il apprend la mort du chanteur Alex Bleach, qui était un vieil ami à lui. Entre souvenirs du passé et appréhension du futur, Vernon avance comme il peut dans cette société qu’il a un peu de mal à appréhender.

Vernon Subutex, c’est une immense fresque de la vie humaine. Ce n’est pas juste l’histoire de Vernon non, il n’est finalement qu’un prétexte à l’auteure pour peindre le portrait d’une époque, d’une société, d’une ambiance. L’histoire s’articule autour de la vie de Vernon, mais l’on découvre la vie de tout un tas d’autres personnages intéressants, complets, complexes même. La particularité de cette saga est qu’à chaque chapitre on change de narrateur. On alterne tout du long entre une dizaine de personnages autour desquels tourne l’intrigue, parfois pour quelques pages, parfois pour tout un livre ou toute la trilogie. Au début c’est assez perturbant, on peine un peu à faire le lien entre les différents personnages : qui connaît qui, comment leurs histoires s’imbriquent, même si le point commun à chaque personnage est toujours le même : Vernon Subutex. Mais peu à peu l’image d’ensemble se construit et les tenants et aboutissants de l’intrigue se mettent en place. L’autre point fort de cette trilogie, au delà de l’écriture très brute mais cependant agréable à lire de Virginie Despentes, c’est l’ambiance propre à chaque tome. J’ai refermé le premier livre en m’attendant à me replonger directement dans l’histoire en commençant le deuxième, sans transition. Alors qu’en fait entre chaque tome il y a une ellipse, mais surtout un changement d’atmosphère. On sent vraiment qu’on passe à une autre partie de l’histoire, une autre époque de cette fresque qui s’étale sur plusieurs années.

Les personnages de Vernon Subutex sont vraiment intéressants, comme je le disais un peu plus haut. On a vraiment des individus complexes, ni tout blancs ni tout noirs, tout en nuances, qu’on se prend à détester dans un chapitre et à plaindre dans celui d’après. Ils sont (presque) tous un peu détestables mais attachants à leur façon. Et finalement c’est ça aussi qui fait la force de cette trilogie : on est face à des gens réalistes, crédibles, pleins de nuances, de faiblesses et de défauts. Comme dans la vraie vie. Et c’est assez rafraîchissant finalement. Tout comme le fait que l’histoire soit rattachée aux événements réels qui se sont passés ces dernières années, à des endroits que l’on connaît. Je me suis vraiment sentie intégrée à l’histoire en suivant les personnages déambuler à travers Paris, et vivre des événements que j’ai vécus. C’est à la fois une drôle de sensation de lire de la fiction sur des choses qu’on connaît dans la vraie vie, mais aussi finalement assez réconfortant de se reconnaître dans certaines sensations, certaines réactions.

Le seul bémol est pour moi l’épilogue. Le troisième tome se finit parfaitement, entre violence, surprise et tristesse, et l’épilogue arrive pour moi comme un cheveu sur la soupe. Je l’ai lu les yeux écarquillés, ne comprenant pas trop ce que ça venait faire là. Donc j’ai décidé de ne pas en tenir compte. Ne lisez pas l’épilogue (ou lisez-le mais comme ne faisant pas partie de l’histoire).

Je n’ai pas envie de vous en dire plus, parce que je veux que votre expérience de lecture soit similaire à la mienne : pas trop d’infos, juste assez pour se dire que ça a l’air vraiment cool comme trilogie et que ça vaut peut-être le coup de s’y intéresser. Quand vous aurez commencé le premier tome, vous n’aurez plus besoin d’être convaincus.

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